Un travail gratifiant, oui SVP!

Avec la pénurie de main d’œuvre qui ne fait que commencer à frapper à nos portes, les industries doivent être de plus en plus imaginatives pour rester compétitives. Les employeurs se doivent d’être inventifs pour attirer du personnel qualifié et motivé, tout en faisant face à un marché plus exigeant que jamais.

L’ère de la robotique : Testée, éprouvée.

On parle beaucoup de la 4e Révolution Industrielle (l’industrie 4.0), mais il ne faut pas oublier que celle qui la précédait est la 3; celle qui a marqué l’ère de l’automatisation avec deux inventions majeures : la programmation industrielle et le robot. Je vous en parle, parce que bien que la 4e Révolution Industrielle soit à nos portes, c’est loin d’être la fin de ce qui aura marqué la 3e.

En 2019, l’ère du robot industriel a 50 années d’expérience et c’est une bonne nouvelle pour les industries qui commencent à s’y intéresser. Comme toute chose, l’expérience est un bagage non-négligeable, surtout quand on parle d’investissements et de technologies. Le coût des technologies diminue avec le temps vu le bagage de connaissances acquises et les quantités non-négligeables qui se retrouvent plus facilement sur le marché. Pensons aux ordinateurs d’autrefois : le produit s’est amélioré physiquement et le prix s’est ajusté et est devenu plus accessible avec les années.

Un marché qui exige beaucoup.

Vous vous souvenez de l’époque où les magasins étaient fermés le dimanche? Ou encore pire, les épiceries? Bon, si vous êtes nés dans les années 2000, il est normal que vous n’ayez pas mémoire de cette ère. Rappelons-nous que c’est en 1992 que le projet de loi 59 – celui qui modifia les heures et les jours d’ouverture des établissements commerciaux – fût approuvé. Il faut dire que le Québec tentait de se remettre d’une récession, alors nous comprenons maintenant leur logique. Ceci dit, cette modification de loi entraîna (et entraîne encore aujourd’hui) une modification irréversible chez le consommateur et évidemment, les comportements de ces derniers ont un impact jusqu’au tout haut de la chaîne.

Le consommateur n’a jamais été aussi exigeant et tout nous porte à croire que ses souhaits ne sont pas encore tous exhaussés. Pour satisfaire le consommateur d’aujourd’hui, il ne faut pas juste être ouvert 24/7, mais il faut aussi être capable de rester compétitif au niveau des prix. Comme si, le fait d’avoir à payer des employés pour couvrir de plus longues plages horaires n’avait pas de coûts. Comme si, le commerçant ne devait pas aller rechercher une marge quelque part pour rester profitable, pour garder ses portes ouvertes.

Comme les exigences du consommateur final sont très élevées, toutes les industries de la chaîne de production en sont affectées et doivent fournir des matières, des composantes et des produits qui dépassent les attentes du client et aux moindres coûts possibles. En 2019 (depuis toujours, vous direz), un producteur doit diminuer ses coûts en minimisant les temps d’arrêts et doit avoir un plan solide de retours sur investissements, surtout quand on parle d’importants montants.

Un accueil les bras ouverts pour la robotique.

Pour la chaîne de production, la robotique prend naturellement tous son sens. Un automate n’est jamais malade, ne prend pas congé et n’a pas d’obligations familiales. Il peut travailler 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et ce, pendant une dizaine d’années. De plus, le robot aura la capacité de répéter la même opération sans arrêt et pratiquement sans marge d’erreur (Certains vont jusqu’à une répétabilité de ±0.01mm). Et si les besoins changeaient? Si, du jour au lendemain, le producteur avait besoin que le robot travaille d’une matière différente, dans des temps différents et avec des outils différents? Pas besoin de former quelqu’un pour un nouveau procédé, ni de payer une formation : simplement insérer un nouveau programme dans l’automate et le tour est joué! Quoi de mieux pour le fabricant, qu’une flexibilité aussi importante? Comme le robot arrive à diminuer les temps de cycles, l’usine peut produire plus rapidement et en plus grande quantité, ce qui lui permettra ultimement d’avoir des prix compétitifs, et ainsi développer son marché et accroître sa rentabilité!

Qu’en est-il du journalier qui travaille en usine?

Les robots prennent de plus en plus de place dans le monde manufacturier non pas pour voler des emplois, mais bien pour aider ceux-ci à être plus valorisants. Pourquoi? Parce que des emplois à tâches répétitives, ça décourage. Parce que des tâches aliénantes, ça n’aide pas l’estime de soi. Parce qu’un travail qui ne nous apporte pas de fierté ne nous permet pas de se réaliser et de grandir. Ainsi, la robotique industrielle est là pour prendre ces tâches opprimantes et les remplacer par du travail avec du plus-value.

Concrètement, ça veut dire que plutôt que d’avoir des techniciens qui passent leurs journées à faire les mêmes mouvements en série, les entreprises opteront pour des descriptions de poste plus variées et demandant l’utilisation de plus de neurones chez l’humain. Beaucoup plus attirant, n’est-ce pas? Pendant que le robot travaillera sur l’entrée et la sortie de pièces sur un CNC, une presse ou autre équipement, pourquoi ne pas utiliser l’humain pour accomplir des tâches plus diversifiées, demandant plus de dextérité et de neurones? Après tout, la nouvelle génération s’attend à ce qu’elle puisse mettre ses compétences et ses forces à l’œuvre!

Notez qu’aux côtés de la flexibilité et la liberté que l’emploi peut leur offrir, l’ambiance au travail est l’un des critères les plus importants pour les milléniaux. Les robots ne participent pas aux concours internes sur les performances et ne créent pas de chicanes entre coéquipiers; ils ne font qu’aider en accomplissant les tâches que les autres ne veulent pas faire. Parlant des milléniaux, qui aime plus la technologie qu’eux? La robotique sera donc une raison de plus pour attirer des candidats dans vos banques de CVs!

L’image du travail répétitif et redondant y est pour beaucoup quand on parle de pénurie de main d’œuvre… alors pourquoi ne pas rechercher quelqu’un pour ses compétences, sa ‘’drive’’, son énergie… son apport humain, quoi! Cessons le gaspillage humain : c’est un pas dans la bonne voie pour ralentir la pénurie de main d’œuvre au Québec. Permettons aux employés manufacturiers de se réinventer dans des rôles plus créatifs!